Poème à l’âme Usée
Dans les
couloirs feutrés d’un vieux musée,
Une âme vacille, fragile et épuisée,
Usée par l’usure des jours qui s’enfuient,
Par l’usage du temps glissant dans la nuit.
Les murs
murmurent des fragments de mémoire,
Une muse invisible souffle dans le noir,
Elle invite les cœurs à muser en silence,
Plutôt qu’user leurs pensées dans la violence.
L’air
devient léger, presque amusant,
Comme une caresse sur l’esprit flottant,
Un doux amusement frôle les regards,
Et l’on repart, un peu amusé, sans égard.
Mais la
lumière tremble sous la lune pâle,
Comme un souffle mourant dans l’ombre fatale,
Elle glisse sur les murs, froide et légère,
Effleurant la mie des souvenirs amers.
Lui n’est
plus là son absence demeure,
Et la luminosité lentement se meurt,
Une faible illumination persiste encore,
Une luminescence perdue au bord de l’aurore.
Entre
l’ombre et la clarté tout reste suspendu,
Comme si la lumière elle-même n’y croyait plus,
Hésitante, fragile, prête à disparaître,
Avant même d’avoir pu renaître.
Alors la
beauté se voile de noirceur,
Dans un lieu où s’éteint toute lueur,
Où le ciel semble vide et silencieux,
Où même la nuit fuit les cieux.
La
tristesse marche, lente et muette,
Silencieusement, comme une silhouette,
Le silence pèse, lourd comme la pierre,
Écrasant l’âme et ses prières.
Tout est
figé dans une nuit sans fin,
Le lien du cœur se brise en son sein,
Une triste solitude flotte dans l’air,
Glacée, immobile, sombre et amère.
Et dans
ces lieux vides et douloureux,
Une plainte s’élève mais pour eux,
Pour ces cœurs brisés, à jamais meurtris,
Qui seuls entendent ce cri.
Puis vient
la douleur, tranchante et froide,
Creusant le cœur comme une balafre avide,
Le malheur règne, impitoyable et fier,
Sous un ciel noyé de noirceur amère.
Chaque
souffle devient un supplice,
Chaque ombre murmure le précipice,
L’âme chancelle au bord du néant,
Perdue dans un vide béant.
L’espoir
se flétrit, puis s’éteint,
Comme une flamme au matin,
Le temps lui-même semble agoniser,
Dans ce monde désolé.
Et dans
cette solitude qui nous transperce,
Quelque chose en nous se brise, se disperse
Quelque chose en nous meurt lentement,
Comme une flamme privée de vent.
Il
ne reste alors que le silence,
Gravé dans l’ombre de notre existence,
Les muses, au fond de l’abîme, funèbres et amusées,
Alors J’écris ce poème aux âmes usées.
Keven
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